On n'enterre pas le Nino...

On n'enterre pas le Nino...
Le retour est proche. Ainsi que la conclusion (?)

# Posté le vendredi 22 août 2008 06:35

Wait for it.... wait for it...

Wait for it.... wait for it...
Le Nino ne meurt jamais....

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 16:47

London (Part 6)

Après avoir repris des forces à l'hôtel, et dormi pendant une bonne partie de la journée, je me sens plein d'entrain. Nous sommes le mercredi 9 mai 2007, il est pas loin de minuit. Dans moins de 24 heures, je serai dans la fosse pour le concert évènement du 25ème Wembley de BA. J'ai payé une nuit d'hôtel mais finalement, après un nouveau court sommeil, j'ouvre les yeux vers 1h40 du matin. J'ai l'intention d'être à nouveau le premier dans la file d'attente donc je ferais bien de pas traîner.

Je rassemble mes affaires et je quitte ma chambre. Je redonne la carte-clé à une réceptionniste qui a l'air un peu surprise que je parte en pleine nuit mais après tout, chacun sa merde, n'est-ce pas ? Et me voilà en route vers la Wembley Arena, à quelques pas de l'hôtel. Il fait nuit noire, il tombe une pluie fine typique d'Angleterre. Je pénètre sur le site de Wembley (j'étais venu en repérage la veille), je longe l'Arena : personne. Yeah, je suis le premier ! Je me pose par terre, un peu à l'abri de la pluie mais après quelques minutes, je tiens plus en place : j'ai horreur de l'ennui, rester assis à se faire chier et attendre que le temps passe ça me rappelle de biens mauvais souvenirs scolaires. Donc je me dis : allons voir le stade de Wembley de près ! Y'a personne devant la salle donc je vais pas me faire piquer ma place, allez c'est parti, un petit tour du Wembley Stadium sous la pluie ! Alors, en résumé : ce stade est magnifique. Grandiose, élégant, il a de la gueule tout simplement. Bien sûr, le foot est né en Angleterre donc il est logique que leur stade national soit bien, mais là ça dépasse grandement ce qu'on pouvait en attendre. En plus il est tout neuf, inauguré il y a seulement deux mois ! Cool de se balader autour d'un stade de foot neuf, quand il n'empeste pas encore la pisse et le dégueulis d'ivrogne... Le stade le plus cher jamais construit mesdames-messieurs, 90.000 places, 23.000 tonnes d'acier, 90.000 mètres cube de ciment, bref : un monstre, mais un monstre fascinant, y'a pas à dire.

Après une longue balade autour du stade, je reviens à l'Arena, coté North East comme écrit sur mon billet, je m'asseois à nouveau par terre et soudain, un truc attire mon attention : une porte fermée à coté de l'entrée, dans laquelle a été glissé un petit papier plié que je n'avais pas du tout vu tout à l'heure. Là, évidemment, je me dis "qu'est celà ?", je me relève, je jette un coup d'oeil sans y toucher et je vois qu'une des faces du papier dépassant de la porte comporte une mystérieuse inscription :

"READ ! Bryan fans"

Quel suspense, je suis sûr que vous mourez d'envie de connaître la suite... Donc, moi rebelz, aventurier, moi pas peur : déplier papier ! Et voici ce que je lis (traduction par mes soins) : "On a été déplacés par la sécurité jusqu'à un coin le long du stade. rejoignez-nous, on a déjà nos bracelets, on vous dira comment avoir les vôtres." Le tout signé de différents prénoms et pseudos. Amusé par ce jeu de piste impromptu, me voici lancé à 3h du mat' (4h à Paris) à la recherche de gens que je ne connais pas autour d'un stade immense dont j'ai déjà fait le tour sans les voir. J'avais bien sûr remis le papier à sa place pour les fans suivants et finalement, je n'ai pas mis longtemps à en trouver les auteurs : un groupe de filles (oui, encore !) m'accueille à nouveau chaleureusement sur le walkway de Wembley, à l'abris de la pluie, mais pas du vent. Certains sont dans un sac de couchage, elles sont toutes là depuis... la veille !!! Je n'étais donc pas le premier mais le 9ème : une des fans sort un marqueur et écrit "NE9" sur ma main. NE9= 9ème à faire la queue pour l'entrée North East. Elle me dit : "So you're number nine" ce à quoi je réponds : "Cool ! Reminds me of a song..." Sourires amicaux dans l'assitance. Je remarque qu'ils (car finalement, un mec qui s'était absenté arrive) portent tous un bracelet vert au poignet : il s'agit de la preuve qu'ils étaient parmi les premiers à attendre, et doivent donc logiquement être les premiers à entrer. On m'indique une porte : l'accueil de la Wembley Arena, près de la fontaine, où je dois m'adresser pour avoir ce bracelet. J'y vais, un employé de nuit, habitué aux fans trèèèès en avance me fait écrire mon nom sur un cahier et m'accroche le bracelet vert au poignet puis je retourne au QG des mordus de BA où nous rejoignent d'autres fans qui arrivent directement de Birmingham, où avait lieu le concert de la veille ! Oui, des gens s'amusent à assister à toutes les dates de la tournée !

Alors, pourquoi est-ce qu'on s'installe sous le stade au lieu d'à coté de l'Arena ? Beh tout simplement parce que l'Arena n'a pas de service de sécurité de nuit donc le groupe des premiers a été invité à se poser près du stade juste à coté, qui lui a un système de rondes de nuits (avec des vigiles très sympas qui nous filent même des bons gateaux !). Le jour commence à se lever, une des filles part se balader (oui c'est l'avantage des bracelets : une fois mis, on peut quitter les abords de la salle sans perdre sa place dans la file) et me laisse son matelas gonflable. Cool, j'avais encore quelques minutes de sommeil à rattraper. Donc oui, mesdames-messieurs, je suis en mesure de l'affirmer présentement : j'ai dormi sous Wembley Stadium ! \o/

Tout au long de la journée, je découvre les joies de faire partie des 40 privilégiés à avoir le bracelet magique : pas besoin de rester à coté de la salle, on peut aller se balader et revenir plus tard). Par respect pour les autres fans qui ont pris place dans la file d'attente après, je passe quand même la majeure partie de la journée à coté de l'Arena, mais je fais des excursions, à McDo le matin, puis à une maison de la presse, car nous sommes jeudi et la veille a eu lieu la 36ème journée de Ligue 1 dans ce pays qui est le mien ! Je m'adresse donc au libraire, un vieux de style.... british !

"- Hey. Excuse me, I'm looking for some kind of sports newspaper, with european football results.
- For what country ?
- Euh...... France.
- France.....
"

Il se met à feuilleter les quotidiens sportifs : je constate que le championnat de France n'intéresse pas les anglais, au point de n'en faire même pas mention dans leurs journaux ! Gêné, le libraire se met à me causer, tout en continuant de chercher un journal avec les résultats de la Ligue 1. Il me demande ce que je fais à Wembley, je lui réponds que je vais voir Bryan Adams, il a l'air de bien l'aimer. De retour au foot, il me demande quel club français je supporte, je réponds Bordeaux et il fait "Bordeaux... weren't they in Liverpool's Champions League group this year ?". Merci de me rappeler qu'on s'est pris une taule, vieux.... Et puis, comme je suis français, il me demande :

" - So, are you a Nicolas supporter ?"

Sur le coup, je comprends pas trop sa question. Vu qu'on parlait foot, je me dis qu'il parle d'Anelka, mais dans le doute, je demande "Nicolas ?", il précise alors avec un super accent :

"- Sarkessey"
- Ah, Sarkozy, ok. Well... yes, kinda ! At least I voted for him at both rounds.
- Good. Good for France, probably lots of changes in a near future.
"

Quatre jours après le vote, il faut que j'aille à Londres pour trouver quelqu'un qui me dit que j'ai bien fait d'avoir choisi le camp gagnant, vraiment, vive la France ! Après maintes recherches, il me sort un journal qui comporte les résultats des matches français de la veille ! La rubrique "France" prend quelque chose comme la taille de mon pouce sur le journal, ils en ont vraiment rien à foutre de notre championnat, pas de photo, pas de classement, ya juste les scores en bloc, dont celui qui m'intéresse : Bordeaux0-1Nantes(Nantes are relegated). Le libraire est sympa, moi j'étais prêt à lui acheter un journal mais lui il me trouve l'info gratuitement ! Du coup je lui ai quand même acheté un tabloïd, ça m'a fait de la lecture, j'ai appris que les anglais étaient obsédés par la question : est-ce que le chanteur Mika en est ? Passionnant ! Ah et dans un journal gratuit, j'ai trouvé une critique sur le concert de McFly à l'Astoria : très bonne critique, apparemment les journalistes musicaux respectent le groupe, plus que les pouffes qui composent la majorité de leur public... Alors que j'attendais autour de l'Arena, je vois que ça s'agite devant : on installe un chapiteau, des barrières, un tapis rouge... mais kewah se passe ? On ne tarde pas à apprendre la bonne nouvelle : Bryan va inagurer sa plaque sur le Square of Fame devant l'entrée !

Wembley Arena Square of Fame : le Square of Fame de la Wembley Arena est un espace aménagé lors de la réouverture de la salle en 2006. Il comporte des plaques de bronze avec les empreintes des mains de stars de différents horizons. Madonne, Sir Cliff Richard, Rick Parfitt et Francis Rossi de Statu Quo, Kylie Minogue, le champion de snooker Stephen Hendry et Dolly Parton ont chacun laissé leurs empreintes (au jour du 10 mai 2007).

Nous nous rassemblons autour des barrières. Je réalise alors que mon premier contact visuel avec le Maître ne se fera pas dans une salle de concert mais à l'extérieur. C'est bien aussi ! Encore une très longue attente sous la pluie, on voit les photographes de presse s'amuser à prendre des clichés des uns et des autres autour de la plaque. Attente très longue, chiante, dans un silence ennuyeux soudain brisé par un "BRY-AN !" venant d'un gars sur ma gauche. Tout le monde se tourne alors vers la porte d'entrée où il n'y a absolument personne. Je pense alors que le gars a lancé ça pour faire son kéké, mais là plein de gens autour de moi montrent une fenêtre du doigt, non loin de la porte. Il est là.

D'où je suis je vois que son oreille gauche et l'arrière de sa tête mais je le reconnais, parce qu'il bouge la tête en parlant au staff autour, et la façon dont il bouge, bah je reconnais que c'est lui, enfin tout le monde reconnait même sans le voir son artiste préféré quand il bouge la tête, merde ! Encore une longue attente et la porte s'ouvre, sous les acclamations de quelques centaines de fans accrochés aux barrières. Le voilà qui sort : Bryan, le seul et unique. L'artiste qui me fascine depuis presque 6 ans et que je n'avais jamais pu voir, faute de promotion récente en France. Le gars pour qui j'ai fait quelque chose comme 50 kilomètres à pied depuis lundi, pour qui j'ai passé deux nuits dehors (à part pour ma chérie, je ferais ça pour personne d'autre !), l'homme sans qui je n'aurais sans doute jamais touché à une guitare, celui dont les chansons m'inspirent plus que n'importe quoi, dont j'entends la voix tous les jours, le musicien pour qui j'ai le plus d'admiration au monde... et qui porte des Converse ! Pantalon, blouson cuir, pull bleu marine, la classe : conforme à ce à quoi il nous a habitués depuis longtemps. La présence de gardes du corps nous rappelle qu'il pèse quand même quelques millions de dollars. Bryan prend la pose (photo) et retourne à l'intérieur en saluant ses fans, après seulement quelques minutes en plein air.

Le concert du 10, le concert du 11, la journée à Camden et le retour en France, ce sera pour plus tard !
London (Part 6)
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# Posté le dimanche 23 septembre 2007 16:58

Modifié le dimanche 23 septembre 2007 17:34

London (Part 5)

Me voilà donc dans la fosse, au deuxième rang. Je jette un coup d'oeil autour de moi et je me rends compte qu'il doit y avoir quelque chose comme 10 mecs en tout dans le public ! Dans la précipitation, mes camarades de la file d'attente sont hors de portée et je me retrouve donc entouré d'autres filles... comment dire ? Très connes.

Exemple flagrant : le concert n'est pas encore commencé, je suis occupé à regarder les instruments sur scène et je me fais bousculer sur la gauche. Trois ou quatre filles s'amusent à se pousser les unes les autres, en faisant chier tout le monde, mais ça elles ont l'air de s'en foutre. Et évidemment, il faut que ce soit la plus grosse qui soit à coté de moi ! Du coup impossible de tenir sur mes pieds donc forcément en me poussant ça pousse les gens sur ma droite et ainsi de suite. Bref, je repousse la grosse vers ses copines et je continue à mater la scène en attendant. Une minute plus tard, pan ! Encore la même grosse qui me fait voltiger. Moi diplomate, comme elle me regarde je lui sors un : "Hey ! Watch out." et sa réponse ne se fait pas attendre : "I was here before you" . J'ai compris que j'avais affaire à un boulet. La troisième fois que je me la suis ramassé, j'ai pété un câble, je l'ai repoussée de toutes mes forces (fallait ça pour la bouger) en l'insultant en français, ça a jeté un froid autour de nous, mais à part les 3-4 qui jouaient à pousse-pouffes les gens avaient l'air contents que quelqu'un mette fin à ce bordel.

Après une loooooongue attente, les lumières s'éteignent : c'est l'heure de la première partie, le supporting act comme disent les anglais. Voici que s'amènent deux guitaristes, un bassiste, un batteur et un ado style emo, très très emo, avec une casquette sur le coté, qui doit pas mesurer beaucoup plus d'1m60 et pas être âgé de plus de 16 ans.

Lil Chris : Lil Chris est le pseudonyme de Christopher James Hardman, né le 26 août 1990. En 2006, Chris participe à la saison 2 d'une émission de télé-réalité anglaise : Rock School. Le principe : Gene Simmons (bassiste de KISS) prend en main un groupe de collégiens et leur enseigne les rudiments du rock afin qu'ils puissent dans un bref délai se produire sur scène, en première partie de Judas Priest, Anthrax et Rob Zombie. Lil Chris est l'élève le plus remarqué, et il est rapidement mis sous contrat pour enregistrer un album, qui rencontre un succès raisonnable en Grande-Bretagne.

Donc, le Lil Chris et son groupe nous jouent quelques morceaux, je n'avais jamais entendu parler de lui ou de ses chansons, mais j'accroche bien sur deux d'entre elles : "Checkin' it out" et "Get delirious" qui contient un sample de "Pump it up" d'Elvis Costello (les Middleiens connaissent cette chanson : 3.02). Le petit bonhomme est une vraie pile électrique, il saute partout, pousse des cris rebello-orgasmiques sur certaines notes (mais ça, même sur l'album studio il le fait). Déjà en entrant sur scène, il va pour accrocher son micro au pied et il le fait tomber, ce cake ! Je lance un "bien joué !!!" en français, il me regarde vite fait et le reprend. Ensuite, je précise que son micro est filaire donc forcément quand il bouge d'un bout à l'autre de la scène, ça fait des catastrophes, là il manque de faire tomber la cymbale de son batteur et la rattrape in extremis, avant la cascade finale où il se rétame sur le dos de tout son long lors du finish d'une chanson. Voici comment il a relaté l'incident sur son Myspace :

"last night at the astoria was one of the best gigs ever it was really funny!

as soon as i got on stage i dropped the mic it was great i got some claps haha then i kicked some of the drums over then!!!! at the very end i fell over lmao! i couldnt stop laughing! it was bound to happen one day as i run around a fair bit! but i spose as i was supposed to do it and because its all part of the act its fine.................................haha
"

Après une nouvelle très longue attente, les lumières s'éteignent à nouveau et voilà qu'arrive.... McFly ! Je me rends alors compte que le public est archi-naze. En gros, les nanas se comportent comme à l'époque des boys bands comme Alliage, c'est à dire "on s'en fout de la musique, on hurle, c'est tout". Je ne m'y attendais pas parce que bon, Alliage c'était des mannequins qui accessoirement chantaient tandis que là on a quatre auteurs-compositeurs, qui franchement, sans être hideux ne sont pas non plus des bombes sexuelles, et puis le public des boys bands c'était du 12-15 ans c'est pardonnable, tandis que là les filles ont pour la plupart entre 16 et 20 ans et se comportent comme des pisseuses ! Ah oui, l'accès à l'Astoria était interdit aux moins de 16 ans, ce qui au début du concert nous a valu de la part du chanteur Tom Fletcher une réplique qui fera date dans l'histoire du rock anglais :

- This is over 16s, right ? So we can say "fuck" !

Je ne vais pas donner la tracklist du concert, parce que je ne m'en souviens pas parfaitement et que je ne la retrouve pas sur Internet, donc en résumé : concert très cool, McFly sur scène ça le fait, mais public pourri qui ruine la crédibilité du groupe. Si les quatre continuent ensemble, je pense que ça va le faire dans 3 ans environ, quand les pouffes auront jeté leur dévolu sur d'autres ou se seront trouvées d'autres occupations et que seuls resteront ceux qui apprécient vraiment leur musique. Se reporter au groupe Hanson qui tourne toujours aujourd'hui, dans de plus petites salles et devant un public de fans respectueux.

Pendant le concert on a eu droit à 3 reprises sympas : d'abord l'incontournable "Don't stop me now" de Queen qu'ils ont sorti en single, et puis deux autres qu'ils jouent seulement sur scène, "My generation" des Who, et "Fight for your right to party" des Beastie Boys. Deux chansons de rebelz !

Ah, et puis la sécurité de l'Astoria : naze ! Les pouffes poussaient dans tous les sens, ça devenait presque violent, je l'ai même dit à un vigile mais il m'a fait signe qu'il ne pouvait (voulait ?) rien y faire. On nous a aussi distribué des verres d'eau fraiche parce qu'on crevait de chaud dans cette salle, mais les pouffes du premier rang ne les faisaient pas passer derrière du coup, ça s'évanouissait en pagaille et les quelques mecs du public devaient faire le boulot de la sécurité, en gros j'ai passé une partie du concert à relever des nanas dans le coma pour les escorter jusqu'au vigile le plus proche. Du coup je suis pas resté au deuxième rang longtemps, vers la fin du concert j'étais vers le fond de la fosse, donc si vous avez bien suivi, vous devinez que j'avais soif et que l'eau n'arrivait pas jusqu'à moi. Les membres du groupe nous aspergeaient avec leurs bouteilles persos, question de survie mais c'était évidemment pas suffisant. Vers la fin du concert, je me suis souvenu que j'avais une petite bouteille de soda orange dans mon sac, je l'ai sorti, il était bouillant ! Mais pas le choix : je bois tout d'une traite et là... c'est le drame (5ème).

Et oui, un soda chaud, c'est dégueulasse et ça donne envie de gerber ! Trop bon que je suis, je me force à quitter la salle pour ne pas pourrir le public plus qu'il ne l'est déjà. Je rate donc la fin du concert, et finalement je ne vomis pas. J'entends les deux dernières chansons de l'extérieur et je file au McDo avant que ce ne soit le grand rush. A l'origine j'avais prévu de dormir sur place, dehors dans Tottenham et de rejoindre Wembley à pied le lendemain en étalant le trajet (plus de la moitié de Londres à traverser) sur toute la journée. Mais vu que la soirée s'était mal passée, j'étais déçu par l'ambiance du concert, je me suis dit qu'une petite balade nocturne me changerait les idées. Donc McDo pour prendre des forces ! Je passe ma commande, je vais pour m'asseoir car j'ai mal aux jambes du fait d'être resté debout depuis des heures, mais je m'aperçois que cette cruche au guichet m'a donné un Coca alors que j'avais demandé un Sprite ! Donc je l'échange et je me dirige avec mon plateau vers l'étage pour être plus tranquille. Pour accéder à l'étage, il faut bien sûr prendre un escalier, et là.... c'est le drame (6ème).

Mais un méchant, cette fois ! En montant les marches, je ressens d'un coup une douleur vive et intense dans le mollet droit, c'est... indescriptible. Je m'arrête net, je suis limite en train de gémir dans l'escalier avec mon plateau McDo ! J'apprendrai par mon médecin quelques jours plus tard que j'ai été victime d'une déchirure musculaire ! Mais pour l'instant je ne sais pas ce que c'est, tout ce que je sais c'est que ça fait hyper mal ! J'arrive tant bien que mal à rejoindre l'étage et à manger, quand même. Je repars en boitant. Il est un peu moins de 23h quand je me lance à l'assaut de Londres direction Wembley, toujours armé de mon plan... de métro. Ma blessure ne m'empêche pas de marcher, mais je la sens à chaque pas. De temps en temps, mon baladeur mp3 m'envoie du Bryan Adams, comme pour me rappeller que ces efforts ne seront pas vains. Mon périple de nuit dans la capitale britannique me fait réaliser quelque chose : Londres est une ville flippante ! Quand on y va en touriste, forcément on visite que les coins sympathiques, les quartiers tellement british qu'en te promenant dedans à chaque carrefour tu croirais entendre des chansons naïves des Beatles "gna gna gna, gna gna gna, dans mon pays à moi, y'a plein de filles et du chocolat...", mais quand on se balade en pleine nuit dans des rues désertes et silencieuses avec les arbres terrifiants en bord de route et les ombres cheloues... bah c'est flippant, voilà.

Mon plan est tout naze, j'ai du mal à savoir précisément où je suis. Evidemment mon téléphone ne fonctionne pas à l'étranger, je fais donc des kilomètres inutiles à pied avec une jambe en moins. Je me guide grâce aux stations de métro que je croise et à mon sens de l'orientation, qui me dit à un moment de continuer tout droit. Or, tout droit c'est une sorte de périphérique interdit aux piétons. Tant pis, j'y vais quand même et je marche sur une espèce de bande d'arrêt d'urgence pendant une bonne heure ! Impossible de sortir de toute façon : la route est surélevée, pas d'autre choix que de continuer. Après donc une bonne heure de marche, après avoir suivi les indications de panneaux routiers, je me rends compte que la sortie est proche, plus qu'un pilier à escalader. Et là... c'est le drame. (7ème) Crac, le jeans foutu ! Déchiré à l'entrejambe, l'affiche ! Donc des baskets pourraves, une jambe cassée, un jeans en vrac, je ressemble plus à rien, mais j'approche du but. Encore de longues minutes de marche et je vois une espèce de pont en hauteur. Je me dis "cool, de là-haut je verrai peut-être le stade de Wembley et je pourrai me diriger". Donc me voilà parti à rejoindre le pont et là-haut, effectivement, je distingue la gigantesque arche du stade, il doit être à une heure de marche environ. Cette heure de marche est difficile, je tombe de fatigue (précédente nuit = moins d'une heure). Il est 3h48 heure locale (4h48 à Paris) quand je passe devant un parc, relativement proche du stade. Pour info, Google Maps indique que pour aller de l'Astoria à Wembley, par le chemin le plus court on fait 13,2 miles (= environ 21km). J'en peux plus, je me pose au pied d'un arbre, avec mon sac comme oreiller et ma veste comme couverture. Je distingue une aire de jeux à quelques mètres devant moi. C'est la dernière image que j'ai avant de m'endormir.

Maintenant, la première image que j'ai en me réveillant (je dirais.... une demi-heure après) c'est la même aire de jeux mais... quelques mètres derrière moi ! J'hallucine, genre "What the fuck ?", j'ai donc bougé d'environ 50 mètres pendant mon sommeil ! Est-ce que des anglais noctambules m'auraient déplacé pour rigoler ? On m'a rien piqué donc ça m'étonnerait. Plus probable : incapable de dormir plus de 10 minutes par terre et par ce froid, je me suis levé inconsciemment en comptant rejoindre Wembley et je me suis effondré un peu plus loin. Quelle histoire, mes amis ! Quoi qu'il en soit, impossible de dormir dehors, je dois donc trouver une solution de secours, parce que je tombe de fatigue, je commence à avoir des hallucinations, la dernière fois que ça m'est arrivé c'était plus à cause d'une grosse fatigue mentale, genre au volant je croyais voir des voitures me dépasser alors que j'étais seul, etc. Je fais le tour des possibilités : où est-ce qu'on peut dormir en paix ? Une bibliothèque ? C'est public, couvert, silencieux par principe, tenu par des vieux qui ne font pas la police et on peut y rester des heures sans que personne ne s'en inquiète. Seulement, il n'y en a pas dans les parages. Le bus, le métro ? Non, j'arrive déjà pas à dormir en voiture, faut pas y compter ! Des toilettes de resto ? Euh... ai-je vraiment besoin de justifier ?

Pendant que j'erre dans le quartier nord-ouest de Londres, le jour se lève, et ça commence à s'agiter. Mes hallucinations continuent : je passe devant des panneaux de pub, en anglais bien sûr, mais je lis et je comprends les phrases comme si elles étaient en français, et le must : au loin j'aperçois un immeuble, un hôtel Premier Travel Inn. Et qu'est-ce que je lis, moi ? "Premier travail loin", mon cerveau fatigué donne raison à mes yeux : c'est vrai que quand on a un premier travail loin de chez soi, au début on peut loger à un hôtel pas trop cher... Ca vous fait marrer, mais à cet instant ça me paraissait tout à fait normal que tout soit écrit en français autour de moi et qu'un hôtel ait un nom aussi naze. Mais.... wait a minute ! Un hôtel ! UN HÔTEL !!! What a dumbass I am ! J'ai toujours ma MasterCard dans mon sac ! Je peux prendre une chambre, récupérer des forces et repartir en pleine forme pour le concert (le lendemain soir). Pourquoi j'y ai pas pensé plus tôt ? Tant pis pour mes économies, je les rattraperai avec des paris sportifs une fois rentré en France. Je me pointe au Premier Travel Inn, c'est pas trop cher, je demande à louer une chambre. C'est complet.

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Les autres hôtels du coin sont beaucoup trop classes, à peine je vais poser un pied à la réception, ils vont appeler les flics en disant qu'il y a un clodo dans le hall. Quelle merde ! J'erre dehors comme un zombie, 8h du mat', 1 heure et demi de sommeil en 2 nuits, je suis une loque. Et soudain, j'aperçois un logo familier du pays : hôtel Ibis ! Cool, un Ibis près de Wembley ! J'entre à la réception sans trop d'espoir, bonjour mademoiselle, vous êtes complets aussi ? Et non ! Cool, je prends une chambre. Mais elle me dit que je devrai payer 20£ de plus car je la prends avant midi ! De la merde, j'explique que si c'est comme ça je reviendrai à midi, elle me dit ok, elle est super sympa, constatant que je suis un peu un galérien, elle m'invite à patienter dans le salon, sur une banquette devant la télé. La petite Maddie vient de disparaître, je m'intéresse un peu à l'histoire et puis, le trou noir. Je suis sorti de mon état de loque par ma chère réceptionniste : je m'étais endormi sur la banquette en plein dans le salon d'entrée, là où tous les cadres et autres bobos prennent leur café avec leur ordinateur portable, leur journal et tout... L'affiche pour l'hôtel, je suppose donc on me tend ma clé (= une carte magnétique qui ouvre la porte) en me disant que c'est bon, je peux prendre la chambre dès maintenant (il est à peine 9h) sans payer de supplément ! Tellement honte d'avoir un gueux vautré dans leur hall d'entrée qu'ils me font ce cadeau pour que je disparaisse de la vue de leur clientèle !

Je prends possession de ma chambre. Je jette mon sac, je me déshabille et je m'étale sur mon lit, même pas sous la couette, où je m'endors pour un long sommeil, troublé seulement par la femme de ménage qui entre pour me demander si j'ai besoin de rien, et qui au passage me voit en caleçon, la 'tite coquine ! :p Je dors pendant toute la matinée, le midi et une partie de l'après-midi. je me plais bien dans cet hôtel, en fin d'après-midi je profite du quartier de Wembley et de ma fortune redécouverte pour m'acheter quelques fringues chez JD Sports (équivalent anglais de GO Sports).

Désolé de pas faire un article plus long, la suite bientôt, et je vous le promets, il sera là : ....... Bryan !

Photo : Le stade de Wembley de nuit, avec l'arche qui m'a permis de le repérer de loin. En bas, forme rectangulaire blanche = la Wembley Arena où a lieu le concert.
London (Part 5)

# Posté le vendredi 21 septembre 2007 17:22

Modifié le samedi 22 septembre 2007 04:41

London (Part 4)

London (Part 4)
Enfin la suite, donc :

L'attente pour le concert : long, chiant, mais sympathique parce que les filles délirent pas mal, on discute de tout et de rien, on fait les guignols... A un moment on jouait avec les automobilistes : une des filles avait chopé un panneau sur lequel elle a écrit "Honk if you like boobs" (= "Klaxonnez si vous aimez les nichons"), du coup certains automobilistes qui passaient à hauteur de nous mataient la pancarte, rigolaient et donnaient un petit coup de klaxon, et nous on applaudissait.

Evidemment on n'était pas seuls, des spectateurs arrivaient dans la file au fur et à mesure. Enfin des spectatrices principalement ! En jetant un coup d'oeil, je constate en effet que le public de McFly est essentiellement féminin, ce que je ne savais pas puisque je ne connaissais du groupe que les albums et certains clips et extraits vidéos. Et je précise que dans mes connaissances qui écoutent parfois McFly, y'a plus de gars que de filles. Donc ok, c'est un groupe à minettes, beh soites, bonne ambiance garantie pour le concert !

On fait donc la queue sur le coté de l'Astoria (photo : la rue un jour de concert sans doute, mais pas ce jour-là) et naturellement, des voitures passent, et des qu'il y en a une avec vitres teintées, plein de nanas s'y collent pour voir si ce serait pas la voiture du groupe, ce qui n'est pas le cas. Soudain, un break passe dans la même rue, vitres teintées aussi, mais tout celà... dans l'indifférence générale. La voiture arrive à hauteur de la tête de la file, là où nous nous trouvons. Par curiosité je jette un coup d'oeil à travers les vitres (on voit quand même un peu) et je dis à mes camarades "It could be them", à l'intérieur ça bouge, ils sont manifestement plusieurs à l'arrière et je reconnais formellement la dégaine de Danny Jones, le guitariste de McFly qui, pour info, a la particularité de jouer comme un droitier alors qu'il est gaucher (voilà, ressortez ça pour briller en société éventuellement). Donc je m'adresse à nouveau à mes keupines assises : "It's them. Definitely." Du coup elles se lèvent et s'approchent du break, et naturellement, toutes les filles de derrière qui avaient laissé passer la voiture sans rien calculer s'en rendent compte et voilà qu'arrive un attroupement, de courte durée puisque le break trace sans s'arrêter.

La file est déjà bien grande, j'essaie de voir s'il y a d'autres membres gars parmi les spectateurs, j'en vois deux : en gros, il y aura plus de mecs sur scène que dans le public ! Une de mes camarades a acheté un Playboy que les filles s'amusent à dédicacer, en ajoutant leur numéro de téléphone, "pour Dougie" disent-elles. Voici que reviennent les trois filles de la veille, celles qui ont dormi à l'hôtel ! Comme le vigile leur a dit, elles veulent reprendre leur place dans la file. Les autres gens gueulent, le vigile dit que c'est lui qui les autorise à passer devant parce qu'elles étaient là la veille au soir, mais une dame d'une quarantaine d'années (sans doute une maman accompagnant ses gosses) lui fait remarquer que ok les filles étaient peut-être là la veille, mais qu'elles n'ont pas fait la queue de la journée et qu'elles reviennent juste une heure avant l'ouverture des portes et donc que c'est un peu abusé. Du coup le vigile dit aux trois filles d'aller au bout de la queue ! Owned ! Les pauvres, arrivées 24h avant le concert, une erreur tactique les emmène de la place de prétendantes au premier rang à celle de bout de file, en plus elles étaient petites donc pas cool pour un concert. Moi évidemment je n'ai rien dit, vous connaissez ma bravitude légendaire ! Et de plus, cet évènement fait de moi le first in line, et ainsi quand les portes s'ouvrent, je suis le premier à rentrer dans le hall de l'Astoria. Et là... c'est le drame. (4ème)

Oui parce que quand on n'est pas anglais et qu'on achète un billet pour un concert à Londres, c'est forcément pour le revendre plus cher au noir (au noir, où à qui on veut hein, je me comprends) bref pour éviter ça, tu payes mais tu retires ton billet sur place ! Du coup le temps que je prouve mon identité (carte périmée, toujours, et carte bancaire) des gens me passent devant. Quand j'arrive dans la salle de concert, je suis donc au deuxième rang dans la fosse. Pas très grave, on voit quand même bien.

Faut que j'arrête de tout raconter en détails, ça se terminera jamais ! Allez, à la prochaine pour la suite avec : le concert, la blessure, la balade nocturne du siècle (and I mean it), la survie en milieu hostile sans argent, la nuit dehors, Bryan Adams et bien d'autres choses. La suite.... au prochain numéro !
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# Posté le samedi 15 septembre 2007 15:51

Modifié le samedi 15 septembre 2007 17:16